Accueil - Coup de Coeur, Coup de Gueule - Dessine moi un mot - Danièle Vaudrey - Côtes d'Armor - 22 - Bretagne
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TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE

"Les mots et les souvenirs doucement se détricotent, maille après maille. Dans ce nouvel espace, les syllabes et les lettres de l'alphabet se mélangent, s'amusent à inventer d'autres mots, des souvenirs, confus.
Comment, lorsque tout s'égare retrouver du sens, saisir le présent, le passé, le futur ? Face aux prémisses du pire, la fille de Paule construit des barrages contre la maladie, des gardes fous pour endiguer la vague.
Les post-it décorent les murs de l’appartement comme d’éphémères petits cailloux pour cette mère qui se perd. Renonçant à lutter contre des forces trop puissantes, la fille se laisse, elle aussi, glisser sur le toboggan du hors-temps.
Elle choisit de voyager dans ce nouveau pays, d’explorer ces mots qui se font la belle, se détournent, ces souvenirs qui se contorsionnent. Les consonnes et les voyelles peuvent changer de place, les éclats de rire redevenir ceux d'hier ; et même d'aujourd'hui, lorsque le soleil accompagne leurs fugues, leurs balades à toutes les deux.
Pour s’enfoncer plus loin avec elle, dans ce dédale où tous les sens sont interdits, la fille est devenue la mère qui raconte des histoires à son enfant, au risque de se perdre elle-même. Elle lui souffle la vie, sa vie ; lui propose d'avoir dix ans, vingt ans, d’être une femme amoureuse, une mère présente. Les émotions sont violentes, a folie de l'une joue avec la folie de l'autre ; et, au bout du chemin, c'est la vie gagne dans un long message d'amour."

 

Ce texte est le synospsisde mon dernier roman.  Si vous souhaitez le lire avant sa publication officielle, faites-le savoir dans la rubrique "Contact".

Je peux vous communiquer un exemplaire en pdf et serais ravie d'avoir vos commentaires. 

INVITATION À LIRE

 "L'étourdissement" de Joël Egloff (Buchet Chastel, Juillet 2005)

Bien plus qu'un roman, "L'étourdissement" est un chef d'œuvre de poésie, illuminée par un humour irrésistible autour d'une condition ouvrière noire à souhait. Le récit se déroule dans un cadre polaire où "le matin ne ressemble pas à l'idée qu'on se fait du matin. Si on n'a pas l'habitude, on ne le ramrque même pas. La différence avec la nuir est subtile, il faut avoir l'œil. C'est juste un ton plus clair. Même les vieux coqs font plus la distinction. Certains jours, l'éclairage public ne s'éteint pas. Le soleil est là quelque part au dessus de l'horizon, derrière les brumes, les fumées, les nuages lourds et les poussières en suspension"...
C'est court, c'est enlevé, un pur plaisir de lire.

"L'Ombre du vent" (2006) et "Le jeu de l'Ange" (2009), de Carlos Ruiz Zafon (Robert Laffont - Editions Pocket)

      Boir, suspense, fantastique, sentimental, un mélange explosif de genres parfaitement maîtrisés. Deux lectures à perdre haleine de ce prodigieux auteur espagnol, qui vit aujourd'hui à Los Angeles. 

Après "La délicatesse", "Les souvenirs" de David Foenkinos chez Gallimard

Toujours plus émouvant et empreint de délicatesse. Une histoire simple avec poésie et humour. Du Foenki,os plus accompli encore. Un bijou.

"... Il me semble qu'on vit différemment, quand on vit avec cette conscience intime de la vieillesse. Je ne parle pas de la peur de la mort, et de la boulimie sexuelle liée à notre condition éphémère; non, je parle d'accumuler, peut-être naïvement,  un trésor de beauté pour les jours de l'immobilité physique"...

 "Ciel ouvert et cœur battant" de François CHENG (Littérature ouverte - mai 2011)

Au cœur du mystère du mal qui traverse notre monde, comment envisager la beauté ? Comment la dévisager sans fuite ni artifice? Une invitation à la contemplation de François Cheng aux confins de l'Occident et de la tradition chinoise. Seul le beau justifie notre existence terrestre et c'est l'œeil ouvert et le cœur battant que nous entrons pas à pas dans ce qui nous dépasse et nous transfigure. "Nous tendons vers la plénitude de notre existence au monde, à l'instar d'une fleur ou d'un arbre... C'est bien grâce à la beauté qu'en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie".  Un long poème magnifiquement illustré sur la grande énigme de notre vie.

 "Mara et Dann" de Doris Lessing (Editions J'AI LU)

Inspiré d'un très vieux conte que l'on retrouve dans la grande majorité des cultures du monfe, "Mara et Dann" est un magnifique récit intitiatique de Doris Lessing, u!n long cheminement bouleversant de deux orphelins en exil vers des latitudes centrale et australe pour échapper à la mort promise par la sècheresse. Publié en 1999, "Mara et Dann" a reçu le Prix Nobel de Littérature en 2007, c'est tout dire.

"Les insurrections singulières" de Jeanne BENAMEUR chez Actes Sud

Fils d'ouvrier, Antoine flotte dans son identité. Plaqué par une femme follement aimée, le voilà rendu à la case départ, hébergé par ses parents, de modestes ouvriers, un couple soudé dans l'espoir de lendemains meilleurs.
Comme à l'usine ou dans le syndicalisme, il ne se sent pas  davantage à sa place. La rencontre d'un amoureux des livres va lui faire découvrir un certain Monlevade, jeune polytechnicien creusois, pionnier de la sidérurgie au dix-neuvième siècle dont il va suivre la trace au Brésil. Une nouvelle naissance à la quarantaine.

Un très beau livre qui invite à une subtile réflexion sur soi et sur le monde ouvrier à l'heure de la mondialisation.

 



 


PRéMONITION

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l'Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l'Art,
Puis on supprimera l'art.
On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.
On supprimera le Prophète
Au nom du poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

Au nom de la prison on supprimera l'homme ;
On supprimera le nom de l'homme;
Il n'y aura plus de nom

NOUS Y SOMMES.

 

Armand ROBIN
1945. copyright "l'Anthologie de la poésie française du XXeme siècle (Poésie Gallimard, 2000)


LAPIDATION EN IRAN ??

L'Iranienne, Sakineh Mohammadi-Ashtiani, condamnée à mort pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari par deux tribunaux différents en 2006 et en faveur de laquelle la communauté internationale s'est largement mobilisée  échappera-t-elle ou non  à la lapidation ? 
Le code pénal iranien viendrait d'enterriner un amendement historique : l’abolition de la lapidation et de la peine de mort pour les mineurs.  
L’Iran affiche en effet le plus fort taux de mineurs condamnés à la peine de mort et compte au moins 99 exécutions par lapidation depuis 1980. Cependant, aucune date précise n’a été donnée quand à l’entrée en vigueur de la loi.
Il semblerait également que le régime ne devrait pas se montrer plus souple envers les opposants politiques et les personnes accusées d’adultères ou d'homosexualité.
Sakineh Mohammadi Ashtiani, toujours condamnée à mort, pourrait être exécutée par pendaison.

 

 


NOCTURNE

Il y aura la nuit et l'écoute des bruits
La fenêtre ouverte y laissera venir
Le bruissement des feuilles et les vents messagers
La chouette rappellera les ombres du passé
Mains douces d'une grand-mère
Aux sourires effacés
Voix chuchotée et toutes les histoires
Pas de peur
Plus de crainte
Bercée par les murmures
La nuit posera tout en courbe
La douceur de son chant
La fraicheur de son souffle

Clo Scolan


CIEL OUVERT ET CÅ’UR BATTANT

 Au cœur du mystère du mal qui traverse notre monde, comment envisager la beauté ?
Comment la dévisager sans fuite ni artifice?
Une invitation à la contemplation de François Cheng aux confins de l'Occident et de la tradition chinoise.
Seul le beau justifie notre existence terrestre et c'est l'œil ouvert et le cœur battant que nous entrons pas à pas dans ce qui nous dépasse et nous transfigure.
"Nous tendons vers la plénitude de notre existence au monde, à l'instar d'une fleur ou d'un arbre... C'est bien grâce à la beauté qu'en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie" *.
Un long poème magnifiquement illustré sur la grande énigme de notre vie.

 

* FRANçOIS CHENG (Littérature ouverte - Mai 2011) 

QIYUNSHAN : La montagne à la hauteur des nuages

"L'homme réunit en lui les vertus du Ciel (yang) et de la Terre (yin); il  lui appartient pour son propre accomplissement de les mener à l'harmonie".

François Cheng  ("Vide et Plein")

 

Découvrez QIYUNSHAN : La montagne à la hauteur des nuages avec Bernard Besret  : 

www.bernard-besret.com

À LIRE :

"À HAUTEUR DES NUAGES"
Chroniques de ma montagne taoïste chez ALBIN MICHEL


IVRESSE

L'Océan...
Rien à perte de vue
Grondement rassurant
Comme un cœur qui bat
Comme le sang qui cogne
Des cailloux galets semés
Par des petits Poucets discrets
Feront tout à l'heure des colliers de géants
Les dunes me rappellent ta blondeur
Les herbes qui s'y balancent
L'éclat de tes yeux verts
En filigrane, fantômes légers
Surgissent d'autres ombres
Les silhouettes flammes de ceux qu'on a aimés
Eblouissement de clarté pour danser sur le temps.

 

Clo.


LES SOLIDARITÉS MYSTÉRIEUSES

Dernier roman de Pascal Quignard, Les solidarités mystérieuses nous plongent dans un paysage de granit et d'ardoise où le gris se déploie dans toutes ses nuances.
L'héroïne, Claire (ou Marie-Claire, ou Chara selon son humeur) met un beau  jour  la clé sous la porte, laissant derrière elle Paris, son métier de traductrice, sa vie d'avant. Non pour emprunter une route au hasard, mais pour retourner là d'où elle vient : à côté de Dinard, en Bretagne.
« Elle aimait cet air si transparent, par lequel tout était plus proche. Elle aimait cet air si vif, où tout s'entendait davantage. Elle éprouvait le besoin de reconnaître tout ce qu'elle avait vécu. » C'est comme si, entre Claire la quarantaine fuyante, anxieuse et solitaire, et ce paysage de landes, de falaises, de rochers à fleur d'eau, existait un lien secret, une solidarité mystérieuse, allant jusqu’à produire une fusion totale entre corps et Nature. Des promenades interminables, des heures passées, accroupie, immobile, en extase, muette face à la mer : « Le paysage [...] soudain s'ouvrait, venait vers elle et c'est le lieu lui-même qui l'insérait en lui, la contenait d'un coup, venait la protéger, faisait tomber la solitude, venait la soigner. Son crâne se vidait dans le paysage... »

Claire s’engage ainsi dans un processus de dénuement total dont la douceur est une forme d’apaisement, où se mêlent identité, corps, âme et mémoire, dans un décor de pierre, de landes, de bois et d'eau. C’est comme un grand moment de prière, d’abandon de soi, où s'évanouissennt conflits et tensions.
Orchestré avec brio, le portrait de Claire brossé par ceux qui l'entourent et prennent tour à tour la parole est un grand roman d’amour : l’amour d’une vieille femme qu'elle s'est choisie pour mère, et surtout de Simon, compagnon d’enfance qu'elle aima toute sa vie à la folie.
« Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux, dira son frère Paul. Ce n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé. Bien sûr ils avaient partagé des scènes cruelles, partagé des deuils, quand ils étaient enfants, ils avaient pleuré l'un à côté de l'autre, mais jamais un pacte n'avait été prémédité et conclu entre elle et lui. »
Un roman d’une immense beauté et d'une profondeur entêtante, servi par une très grande plume. Chaque ligne de Pascal Quignard sonde sans fin l'énigme de la vie : naître du néant pour finalement y retourner, entre-temps choisir de vivre, d'aimer, de vieillir - ou s'extraire du cycle, s'absenter, faire sécession.

Les Solidarités mystérieuses Pascal Quignard (Gallimard Sept. 2011)

REFLET

Les mâts des bateaux tutoient le ciel pointent vers les nuages,  chatouillent les étoiles
Pris de vertige parfois,   ils vacillent flagellent sur leur socle
Abandonnent pour se laisser aller se laisser chavirer
Ils deviennent mirages se moquent des ancrages
Ils dansent légers sur l'onde
Apprivoisent d'autres mondes
Trompe l 'œil, ils réenchantent notre univers
Sur la surface lisse et calme de la mer.

 

CLO