dimanche 1 juin 2025

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"L'esprit raisonne, l'âme résonne"François Cheng



Ces pages sont un lieu de rencontres et d’échanges autour de l’écriture,  de l’image et du geste.
Elles sont les vôtres si la plume, le pinceau ou la lecture
vous démangent.
Vous voulez  donner de la couleur ou du relief à vos écrits? Empruntez ma plume.
Vous souhaitez faire des rencontres autour de la littérature ou  de la peinture, laissez-vous guider...


Roman historique








           Arrachée au monde de l'enfance pour avoir été habitée par une foi différente et refusé de renier sa religion protestante Marie Durand (1711-1776) fut emmurée trente huit années dans une tour  nommée Constance! 






Comment supporter l'enfer sans sombrer dans la démence quand il n'y avait qu'un mot à dire pour être libre : "j'abjure". 
Dans le plus profond dénuement, Marie Durand a  résisté toute sa vie sans jamais se résigner ni se radicaliser, avec pour seules armes sa foi inébranlable et son amour infini de l'autre. Dans le partage de la misère, elle inventera un monde, une société, une autre vie,  saura capter l’invisible, le ténu, le fragile pour y puiser sa force. Toute sa vie fut un combat pour la liberté de conscience, un Non inconditionnel à l'intolérance. Elle savait que la liberté d’un être est insaisissable et que le bourreau ne tient jamais rien. 

Éditions du Jasmin, en vente en librairie, prix de vente public : 16  €

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Les ailes du délire

Roman disponible au format papier et au format numérique sur le site Internet de Mon Petit Editeur en cliquant ici, et en librairies sur commande.                       



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jeudi 7 septembre 2017

La "Passagère du silence"



               Je ne connaissais pas Fabienne Verdier. Sa « Passagère  du silence » m’est tombée du ciel. Je l’ai dévorée; fascinée par étudiante des Beaux-Arts qui décide de tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste les secrets  d’un enseignement millénaire de l’art pictural et calligraphique .


Il faut voir Fabienne Verdier dans son élan vital avec toutes sortes de pinceaux, dont chacun « l'ouvre à un univers différent » ; jusqu'à cet énorme engin pneumatique, un pinceau réalisé avec le crin de trente-cinq queues de chevaux, qu'elle manie dans un corps-à-corps en marchant au-dessus de ses vastes toiles, posées au sol.



« Se laisser pénétrer par l'essence du vivant », Fabienne Verdier l'a appris durant vingt ans d’une quête périlleuse auprès de vieux maîtres chinois, riches de leur humilité. Conquise par leurs vibrations, dans « Passagère du silence » elle nous dévoile leurs secrets avec des mots aussi lumineux que sa peinture, un trait d’union entre l’Orient et l’Occident. 
Oui, c’est la  présence qui fait la lumière en peinture. Les noirs de Soulage ne sont-ils pas les plus lumineux et les lumières  de Léonard de Vinci les plus profondes?



















L'ombre rend la lumière plus humaine. Les lumières des estampes chinoises et japonaises le mystère du rien, du vide : la peine conscience.
 

mardi 25 juillet 2017

Une grande tristesse

Anne Dufourmantelle a trouvé la mort le 21 juillet sur la plage de Pampelonne, près de Ramatuelle (Var), dans des circonstances tragiques en portant secours au fils d’une de ses amies âgé de 10 ans, qui était en train de se noyer. Au cours de ce sauvetage, elle a succombé à un arrêt cardiaque. Anne Dufourmantelle avait 53 ans.


Philosophe, romancière, psychanalyste, auteure d’une œuvre importante, elle était la fille d’une psychanalyste d’obédience jungienne et avait soutenu sa thèse de philosophie en 1994 sous la direction de Jean-François Marquet, avec pour thème : « La vocation prophétique de la philosophie ». Elle en fera un livre (Cerf, 1998). Elle y donnait un portrait fulgurant de deux figures emblématiques du « dessaisissement subjectif » : Cassandre, sombre personnage de la tragédie d’Eschyle, et Jonas, prophète de la Bible. L’une incarne la voie de la fatalité, l’autre indique que la prédiction inaccomplie ouvre à un avenir où l’homme accède à une humanité spirituelle. Le destin de ces deux héros retiendra sans cesse son attention.

Philosophe et psychanalyste

Amie de Jacques Derrida et d’Avital Ronell – elle publiera un dialogue avec chacun (De l’hospitalité, Calmann-Lévy, 1997 et American Philo, Stock, 2006) –, elle mêlait avec bonheur ses activités de philosophe et de psychanalyste, tout en étant à la fois éditrice (d’abord chez Calmann Lévy puis chez Stock) et chroniqueuse au journal Libération. La compagne de l’écrivain Frédéric Boyer était aussi diplômée de l’université de Brown (à Providence, Etats-Unis) et enseignante à NYU, se réclamant d’une inspiration spinoziste pour cerner les relations entre fatalité et liberté, thème majeur de l’ouvrage qu’elle consacra en 2007 à La Femme et le Sacrifice, d’Antigone à « La Femme d’à côté »(Denoël).
Analysée par Serge Leclaire et membre active du Cercle freudien, elle recevait ses patients avec une douceur extrême, au cinquième étage sans ascenseur de son cabinet de la rive gauche. Cette « chercheuse inlassable », comme le souligne le psychiatre et psychanalyste Guy Dana, son ami et « superviseur », faisait preuve aussi d’une « humanité exceptionnelle », attentive aux souffrances d’autrui et prête à se dévouer en toutes circonstances. Elle regardait le rêve comme l’instrument majeur d’une transformation de soi : « On peut rendre fou quelqu’un, disait-elle, en l’empêchant de rêver. On peut aussi sauver sa vie en écoutant ses rêves à temps. » (L’Intelligence du rêve, Payot, 2012).
En 2009, dans En cas d’amour. Psychopathologie de la vie amoureuse (Payot), elle décrivait les souffrances des couples – querelles, jalousies, séparations, trahisons – en se demandant pourquoi tant d’hommes et de femmes prennent un malin plaisir à répéter inconsciemment des situations anxiogènes au point de se transformer la vie en supplice permanent. Mais surtout, elle se demandait en quoi la dictature de la transparence, propre à la société postmoderne, portait atteinte à l’intimité de chacun. D’où sa réflexion sur une nécessaire Défense du secret (Payot, 2015).

La douceur et le risque

Anne Dufourmantelle n’était pas tendre avec les mères. Dans un essai de 2001, La Sauvagerie maternelle (Calmann-Lévy), elle n’hésitait pas à affirmer que toute mère est sauvage, en tant qu’elle fait le serment, inconsciemment, de conserver toujours en elle le lien qui l’unit à son enfant depuis la naissance. Et elle soulignait que cette attitude se perpétuait bien souvent de mère en fille.
Et pourtant, face aux violences du monde contemporain, elle soutenait l’idée que la douceur est une puissance infinie. Elle en faisait une fête permettant de transformer « l’effraction traumatique » en créativité : « La douceur appartient à l’enfance, elle est un retour sur soi, le nom secret de la beauté et de l’élan mystique » (Puissance de la douceur, Payot, 2013).
C’est dans un livre de 2011, L’Eloge du risque (Payot), qu’elle développe ce qui a été son engagement le plus émouvant. Elle y commente en effet la célèbre phrase d’Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » pour affirmer que ce temps du risque – celui des résistants – serait le contraire miraculeux de la névrose. Prendre le risque d’aimer, de vivre afin de s’extirper de toute dépendance, tel serait pour le sujet l’essentiel de toute forme d’éthique. Anne Dufourmantelle aura eu, jusque dans cette mort tragique, le courage de se saisir du magnifique poème d’Hölderlin.

LE MONDE 25 JUILLET 2017

lundi 10 avril 2017

Invitation au Salon du Livre de Lanvollon


Lanvollon accueille pour la cinquième fois son salon du livre  "Plumes d'Armor" avec, pour marraine la comédienne et auteure  Charlotte Valendrey et le dessinateur-bédéiste Alain Goutal, invité d'honneur. Vous y retrouverez de nombreux auteurs, parmi lesquels le poète Yvon Le Men, Fabienne Juhel, André Kerhervé et Danièle Vaudrey.