samedi 12 novembre 2016

HALLELUJAH. L'humeur et l'humour du désespoir




Ils s’étaient rencontré  à 23 ans sur l’île grecque  de Hydra où il écrira ses premiers succès. Marianne Ihlen fut sa muse, la source d’inspiration de ses plus grands titres  « So long Marianne » en 1968 ou « Bird on a Wire » en 1979. 
Léonard et Marianne  se sont aimés d’un amour éternel.
Après leur rupture chacun fit sa vie de son côté, restant pourtant soudés l’un à l’autre. 
Lorsqu'en juillet 2016 Léonard   Cohen apprend  que Marianne va rendre son dernier souffle, il lui écrit un message d'amour : « Nous sommes arri­vés au pont où nous sommes si vieux que nos corps tombent en lambeaux. Je pense que je te rejoin­drai bien­tôt.” Et pour apaiser la vieille femme consciente de son état, il ajou­te : “Sache que je suis si près de toi que tu n’as qu’à tendre la main pour toucher la mienne.” Lui réitérant son amour éter­nel, il lui donne “rendez-vous au bout du chemin”.


Son dernier album You Want It Darker, sorti en octobre, trois mois après la disparition de Marianne et un mois avant sa propre mort, est un véritable testament. Léonard ne nous a pas pris en traitre. Il a eu l’élégance de prévenir : « «Je quitte la table, fini de jouer»«Je suis prêt, Seigneur», «Je voyage léger», «Éteins la flamme». ..
Si l'ensemble de son œuvre multiplie les références à la mort et aux grands questionnements existentiels, son dernier album sonne le glas d'une nuit sans retour. Jamais le Québécois  n'avait contemplé la mort d'aussi près, sans que son humour ne faillisse. Ne déclara-t-il pas à la presse au lancement de You Want It Darker : "J'ai dit récemment que j'étais prêt à mourir. Je crois que j'exagérais. On est parfois porté à la dramatisation. J'ai l'intention de vivre pour toujours"! Sans doute, là encore disait-il vrai. Le « Silencieux », nom sous lequel il avait été ordonné au monastère bouddhiste zen, le Mount Baldy Zen Center près de Los Angeles , n’a pas fini de nous bercer  avec ses chuchotements intimes et ses formules magiques, et  de nous apaiser de son chant caressant.
C’est Bob Dylan, lauréat du prix Nobel de littérature,  qui, un mois avant le décès du poète, écrivain, musicien lui rend le plus bel hommage :“ Lorsque les gens parlent de Leonard Cohen, ils ne mentionnent jamais son sens mélodique. Pour moi, il est à la hauteur de ses textes : du pur génie. Personne, dans la sphère musicale moderne, ne lui arrive à la cheville”.




Adieu l'ami, ce n'est qu'un Au revoir...

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